DU 7 AVRIL 2006 AU 3 JUIN 2006
Catalogue de l’exposition
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Catalogue de l’exposition : « Vodka et larmes » Prix de vente du catalogue : 13€ |
Présentation de l’exposition
Pour comprendre la peinture de Milshtein, je vous recommande de lire bien attentivement ses écrits, ses propos. Slobo
Ma première estampe, je devrais plutôt dire mon estampille, ce fut un tampon que j’avais fabriqué dans une lamelle de pomme de terre qui représentait la faucille et le marteau que j’avais badigeonné d’encre violette pour pouvoir l’imprimer. J’espérais de la sorte recueillir des éloges de mon institutrice Barbara Saforovna que je croyais à tord vouée à la cause prolétarienne; c’était en 1943, j’avais 9 ans et j’avais faim.
Quelle ne fut pas ma déception quand elle me dit avec sa voix sèche: « Gricha regarde, tu as encore sali tes mains» ! Je me consolais en pensant que j’avais trouvé un moyen de multiplier l’image, et je trouvais cela très original !
J’étais persuadé que les premières estampes connues avaient été exécutées de la même manière.
J’avais fait part de ma trouvaille à mes copains de classe, mais Igor qui me cherchait des poux dans la tête, a cru bon de rajouter que la première estampe créée par l’homme et reproduite à des milliers d’exemplaires fut l’empreinte de ses propres pas sur le sable mouillé des plages espagnoles près des fameuses grottes d’Altamira.
Ce même Igor, qui fut mon concurrent pour décorer les classes, m’a montré les gravures de Franck Mazarel et de Cheta Colvitz, les seuls occidentaux a être tolérés en Union soviétique.
Après la guerre, j’ai atterri à l’école des Beaux-Arts, en Terre Sainte, à l’école Betsalel de Jérusalem. On avait d’excellents professseurs, venus du monde entier et surtout du Bauhaus, cela ne nous empêchait pas de rêver de Paris, qui était à l’époque notre terre sainte à nous, notre Jérusalem.
Mon rêve s’est finalement réalisé, j’ai reçu une bourse pour faire mes études à l’école des Beaux-Arts de Paris.
Mais ce qui a déterminé ma passion pour l’estampe, c’est ma rencontre avec Robert Nikoidsky, élève du même cours à l’École des Beaux-Arts, qui m’a fasciné par son immense talent et ses connaissances techniques qui dépassaient largement celles de nos professeurs. Et, par ces lignes, j’aimerais lui rendre hommage. Je le considère comme un des plus grands graveurs contemporains que j’ai connu.
Par la suite, j’ai continué à étudier la gravure, partout où j’en avais l’occasion: aux cours du soir de la ville de Paris, chez le graveur Delpeche, l’imprimeur Georges Visa et même plus tard, chez mes élèves. En 2004 j’ai découvert l’estampe numérique chez mes voisins, les architectes. Cette nouvelle technique m’a immédiatement passionné; j’ai rencontré des techniciens de chez Epson qui m’ont aidé à assimiler la digigraphie. Ils m’ont gratifié du titre de sage, ce qui prouve bien qu’ils ont gardé un peu de naïveté.
J’ai adopté la formule du camarade Léniné : apprendre, apprendre et apprendre, tant qu’on est vivant et même après si c’est possible.
Zwy MILSHTEIN
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Contact :
3 villa André – 92140 Clamart
Site internet : www.milshtein.com