DU 04 FÉVRIER 1999 AU 31 MARS 1999
Catalogue de l’exposition
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Catalogue de l’exposition : « Trompe l’oeil / Réalité » Prix de vente du catalogue : 13€ |
Présentation de l’exposition
Une transcendance de la réalité.
Charmer et abuser les yeux, depuis l’antiquité, a été le critère de réussite d’une peinture et les poètes, pour vanter le talent d’un peintre, ne connaissaient pas d’éloge plus flatteur que d’exalter ses facultés d’illusionniste, le comble consistant à tromper les sens des animaux, dont la sincériité ne pouvait être mise en doute.
En accédant au réalisme avec Giotto, la peinture, dès le Moyen Age, retrouve le sens illusionniste de l’Antiquité. L’invention du procédé de la peinture à l’huile facilite l’imitation et fait naître, à la Renaissance, le premier tableau destiné à tromper les yeux et par là à amuser le spectateur lorsque celui-ci prend conscience de son illusion.
Si le trompe-l’œil a toujours existé, l’engouement qu’il suscite réapparaît, dans la seconde moitié du XXe siècle, en Europe, au Japon et aux Etats-Unis.
C’est en France vers 1960, au Salon Comparaisons, qu’apparaisent des trompe-l’œil de chevalet au sein du groupe des « Peintres de la Réalité » fondé par Henri CADIOU, en même temps que l’Op ‘Art, le Mec’Art et le Nouveau Réalisme.
Leur nombre ne cesse de croître ainsi que l’intérêt qu’ils provoquent. Les « trompe-I’œillistes » renouvellent le genre en l’enrichissant de nouveaux thèmes.
En 1973, le groupe expose au Centre Culturel de New York et à la Corcoran Gallery de Washington. Ces manifestations donnent lieu à des commentaires de critiques importants. Ce n’est donc pas, comme il a été dit, le mouvement photoliste américain qui a provoqué en France un renouveau de la facture réaliste. On pourrait prétendre à l’inverse, si toute orientation nouvelle en art n’était la suite d’une évolution qu’on ne découvre que bien après son apparition officielle.
La peinture du Groupe Trompe-I’ŒilRéalité n’est pas une résurgence de l’antiquité ou du xvIIe siècle, mais la suite logique, au cours du XXe siècle, de l’évolution souterraine d’un réalisme ayant pris la suite du surréalisme pour aboutir au trompe-l’œil moderne, différent des Anciens par l’esprit et par le souci de réussir avant tout une œuvre d’art.
Président GILOU
Liste des artistes participants (cliquez sur les portraits pour en savoir +)
PIERRE DUCORDEAU – PEINTRE
Science et patience ne suffisent pas à faire d’un peintre de trompe-l’œil autre chose qu’un virtuose du pinceau comme en est jalonnée l’Histoire de l’Art. Certes la performance technique attire. Ce fut le cas pour Pierre Ducordeau, qui peignait des paysages réalistes d’après nature. Jusqu’au jour où Cadiou et Yvel, deux peintres amis commenncent à évoquer le trompe-l’œil. .. Idée séduisante qui, dans les années 60, pouvait être une solution pour sortir de l’impasse dans laquelle se trouvait l’art. Mais très vite, il comprend que le trompe l’œil se nourrit davantage encore de la personnnalité de l’auteur. Il le vampirise en quelque sorte (…)Marie Christine Hugonat
GILOU – PEINTRE
Une transcendance de la réalité.
L’exigence, un maître mot pour Gilou, peintre du trompe-l’œil dont l’œuvre silencieuse, à la vie secrète et si présente, révèle l’amour profond pour un art intègre autant qu’une esthétique rafffinée sans préciosité.
Il peut paraître surprenant, d’aucuns (et j’en suis) diront réconfortant, qu’en cette fin du XXe siècle chaotique où la facilité a tendance à dominer, des artistes se passionnent pour cet art de la réalité, difficile, qui requiert temps, patience, maîtrise. Mais il est vrai que le retour à des valeurs nourrries de l’humain se produit précisément lors de périodes incertaines (…)
Nicole Lamothe
INTINI – PEINTRE
Les signes de l’existence
Paolo Intini est l’homme du superréalisme du cœur et de la raison. Son trompe-l’œil est d’auutant plus saisissant qu’il incarne la marque de l’homme et de sa passion. La rouille est la patine de l’émotion, la trace de la pulsion de mort dans l’élan vital (…)
Pierre Restany
MICHEL LEFEBVRE – PEINTRE
Fils du libraire Henri Lefebvre, éditeur d’art Faubourg Saint-Honoré, arrière-petit-neveu du grand peintre Corot, Michel Lefebvre né à Versailles en 1930, se trouve être l’héritier et le continuateur d’une solide tradition familiale tournée vers les arts et les travaux de l’esprit. Il est vrai que les relations paternelles, innombrables dans le domaine artistique et littéraire ne pouvaient qu’inciter le jeune Michel, fou de dessin, à entreprendre une carrière d’artiste. C’est ainsi que divers artistes contemporains furent en quelque sorte ses parrrains, l’encourageant, le critiquant, le conseillant, le guidant dans ses premiers essais, cependant que l’immense bibliothèque familiale lui offrait une pâture inépuisable où les peintres flamands tenaient une place prépondérante (…)Jehan despert
ALBERT LE GOINVEC – PEINTRE
DANIEL SOLNON – PEINTRE
Sa jeunesse est aussi marquée par le Morvan, où il retrouve chaque été la vie paysanne encore imprégnée du rythme ancestral. Dans son village nivernais de Moulins-Engilbert, il rencontre Gilou et travaille avec lui sur le motif.
Vers 1970, il décide aidé par son grand-père Georges Armand Masson (qui a créé le Salon du Dessin et de la Peinture à l’Eau), de se consacrer totalement à la peinture.
En 1981, le peintre Henri Cadiou, alias Gilou, l’invite à présenter un trompe-l’œil au Salon Comparaison … D’abord un peu rétif, il se lance dans l’aventure, elle deviendra déterminante.