DU 29 AVRIL 2004 AU 19 JUIN 2004
Catalogue de l’exposition
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Catalogue de l’exposition Prix de vente du catalogue : 13€ |
Présentation de l’exposition
Eugénia Wolfowicz donne forme à ses pensées en une sculpture rigoureuse et apaisée. Son oeuvre tend à la synthèse. Eugénia songe au grand Art qui enferme le temps en une pierre où elle retient, avec une science rare, Le fantasme poétique loguement recherché…. Pietro Cascella
Eugénia Wolfowicz à Chamalières
Stéphane Mallarmé écrit: « La bombe c’est le livre» ; la même bombe éclate sans conteste au regard de la sculpture d’Eugénia WoIfowicz, comme chez le poète la création reste ici avant tout acte de rébellion.
La révolte est pure et n’émane pas du subconscient ; fruit des douleurs physiques et morales endurées corps et âmes par l’artiste : torture, faim, solitude extrême, disparitions et assassinats des proches, exil.
Cette impuissance devant la dictature, la corruption, cette rage face à l’arbitraire totalitaire,l l’artiste les balaye de son souffle créatif.
Des alvéoles du marbre,l polies ou brutes, surgit la sculpture cisaillée du bras armé de l’artiste et naissent des œuvres d’une beauté proprement sidérante.
Eugénia Wolfowicz s’empare du cœur de pierre des hommes, froid bloc de marbre qu’elle taille en pièces à grands coups de ciseaux jusqu’à faire parler la roche et résonner dons l’inconscient son cri de révolte. « Exil, Disparus, Holocaustes, Fin de siècle… », autant de sculptures pour ne pas oublier.
Elle perfore la pierre de passages en force vers d’autres possibles, excave des chemins éclairés de fenêtres lumineuses sur un autre monde, élance des escaliers vers les cimes, détrône le dictateur et fustige les contempteurs de la démocratie.
Enfin elle recrée le mythe d’Isis; par le sacrifice de ses mains elle rassemble les restes éparpillés d’Osiris pour lui sculpter dans le marbre de Carrare un tombeau, tabernacle de la souffrance humaine.
En cela l’art supplante toute autre action humaine. L’irrémédiable harmonie des sculptures émane de leur éclatante vérité.
De la matière brute, cabossée ou polie pendant des heures, du marbre désagrégé, altéré, elle livre le secret de la renaissance ; derrière les imperfections de la pierre brute se cache un bijou inexploité, celui de l’élévation spirituelle, celle qu’ajourait la philosophe Simone Weill dans son livre La Pesanteur et la grâce.
La grâce de l’œuvre d’Eugénia WoIfowicz, c’est la profonde humanité qui en exhale. Dans la balance pas d’afféteries, ni équivoques sur le rôle de l’art aujourd’hui, mais une artiste qui pèse avec tout le poids de ses convictions mais aussi de ses doutes pour s’élever vers les sommets.
Loin de se poser en démiurge, c’est de cette vulnérabilité qu’elle puise la foi en sa force créatrice et lance une mise en garde contre l’obscurantisme.
Alors les sculptures d’Eugénia peuvent apparaître dans toutes leurs splendeurs protégeant celui qui sait les regarder des affres du monde. Elles flottent dans l’espace et le temps, distillant un étrange parfum de paix.
Geoffroy de Villepin (mars 2004)
Accédez au portrait de l’artiste
Contact :
Site internet : www.artactif.com/wolfowicz
Email : info@eugeniawolfowitcz.com