DU 28 JUIN 2013 AU 24 AOÛT 2013
Catalogue de l’exposition
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Catalogue de l’exposition Prix de vente du catalogue : 13€ |
Présentation de l’exposition
Exposition en collaboration avec Marc Yvonnou, galerie « Le Temps du Rêve », Pont-Aven. Les mystères associés aux Aborigènes sont nombreux. On peut ajouter le fait que leur peinture touche le monde entier.
Tjilpi, L’art des Aborigènes d’Australie
Tout a commencé à Papunya, une petite communauté aborigène à 240 km à l’Ouest d’Alice Springs, la seule ville du centre de l’Australie.
le mouvement pictural démarre par des fresques réalisées sur les murs de l’école et immédiatement ensuite une poignée d’hommes, des grands initiés
(Tjilpi), se mettent à peindre, parfois sur tous les supports qui leur tombent sous la main. […]
Si j’évoque l’art de la préhistoire vont vous venir à l’esprit des scènes de chasses, des mammouths, des rhinocéros laineux ou des rennes ; des dessins réalisés dans d’obscurs boyaux au plus profond de grottes. Pourtant, à la même période et même au-delà (les peintures rupestres en France, pour les plus célèbres s’échelonnent de 15 000 à 30 000 ans avant notre ère), à l’autre bout du monde, des hommes vont élaborer une iconographie symbolique très riche que le monde moderne, dans sa grande majorité, ne découvre que maintenant. Ces hommes, ce sont les Aborigènes d’Australie.
Depuis quelques mois, nous savons que les premiers habitants de ce pays continent arrivent il y a environ 70 000 ans. Et même si les traces anciennes sont moins nombreuses qu’on ne le souhaiterait, les signes sacrés du Temps du Rêve nous sont parvenus (peu nombreux du fait de l’immensité du pays, de leurs fragilité, de leurs destructions, engloutis par l’élévation du niveau de l’eau ou par d’autres éléments naturels, de la densité de population assez faible et de la volonté récurrente de ne laisser qu’une empreinte très courte dans le temps – celui de la durée d’une cérémonie). On le doit en partie à quelques peintres hardis qui, bravant les tabous, décident en 1971 dans une petite communauté perdue au sein d’une zone semi-désertique immense, de transposer ces motifs sur des supports durables.
Il y a toujours eu une très forte volonté de ce peuple de transmettre. Ils n’ont pas découvert l’écriture, ni les tissus, ni la poterie, mais sont parvenus à s’adapter, à perpétuer la plus ancienne culture vivante au monde. Chaque enfant, au moment des premières initiations, se voit associé à un Ancêtre Créateur.
Ces derniers, en se déplaçant, ont forgé les paysages, créé le monde et des sites sacrés dont les nouveaux initiés vont devenir les gardiens.
Ces Ancêtres, le lien que chaque initié entretient avec eux (Eau, Kangourou, Emeu, Tomate,…), les sites sacrés où résident encore les forces vives de ces Êtres Primordiaux, les Aborigènes les appellent Rêves. Pour célébrer ces Rêves, les initiés se peignent le corps, dessinent sur des objets sacrés (Churinga) et réalisent des sculptures/peintures sur le sol, chantent et dansent.
les signes sacrés de ces rites ancestraux, vous allez les voir sur les toiles que nous avons sélectionnées. Mais attention, il ne s’agit pas d’objets ethnologiques (quoique…) mais avant tout d’art. Car il y a mille et une façons d’agencer ces signes. Et en plus de quarante ans, les peintres/initiés (car seul l’initié à le droit de peindre) ont su s’approprier toutes les possibilités de la peinture moderne (dans tout le centre de l’Australie, on utilise de l’acrylique). les artistes cherchent à montrer l’étendue de leurs connaissances, mais aussi à réaliser une œuvre plastiquement aboutie. Certains ont changé de style plusieurs fois, ont été influencés par des voyages, par la découverte de peintures aborigènes d’un groupe diffèrent. Ils ont aussi parfois testé plusieurs médiums, comme la gravure ou la sculpture.
Les mystères associés aux Aborigènes sont nombreux. On peut ajouter le fait que leur peinture touche le monde entier. Alors que se termine une belle exposition au Musée du Quai branly, des expositions itinérantes tournent aussi bien en Chine qu’aux USA. Et partout c’est le même succès. Au public de Chamalières de succomber…
Marc Yvonnou
CONTACT
Marc Yvonnou, commissaire de l’exposition
Galerie « Le temps du rêve »
30, rue du Général De Gaulle
29930 Pont – Aven
Site internet : www.aborigene.fr
Liste des artistes participants (cliquez sur les portraits pour en savoir +)
Bien qu’épuisé physiquement, Ronnie Tjampitjinpa est probablement au sommet de son art. Ses peintures frappent par leur force et leur sens de la géométrie.
L’art dépouillé et contrôlé de Ronniede George Tjungurrayi prend racine dans les motifs de peintures corporelles et les gravures des objets cérémoniels.
GEORGE WARD TUNGURRAYI – PEINTRE
Selon la conservatrice de la National Gallery of Victoria, sous le charme de sa peinture à la fois puissante et délicate, George a attendu pour se lancer dans la peinture de maîtriser les connaissances, d’en avoir une idée synthétique pourrait-on dire.
WILLY TJUNGURRAYI – PEINTRE
LONG JACK PHILLIPUS TJAKAMARRA – PEINTRE
il est à la fois un initié important, un « faiseur de pluie » mais reste attaché à son titre de pasteur luthérien montrant ainsi le syncrétisme
dont font souvent preuve les Aborigènes.
MICHAEL NELSON JAGAMARRA – PEINTRE
IL commence à peindre plus tard mais sa technique, et le fait de combiner plusieurs thèmes sur une même toile, phénomène rare, l’ont vite rendu célèbre.
Quand je peins je pense aux jours anciens, comme une fillette heureuse rencontrant le rêve de son grand père. J’aime vraiment peindre.
Quand je suis en train de faire mes peintures, j’ai toujours à l’esprit ma famille et mon pays.
JUDY WATSON NAPANGARDI-PEINTRE
Les toiles de Judy Watson Napangardi se présentent comme une construction complexe et colorée. L’art de Judy est assez paradoxal.
CHARLIE TJAPANGATI – PEINTRE
des hommes. Charlie Tjapangati (voir galerie) s’en inspire.
WALANGKURA REID – PEINTRE
Les toiles de Walangkura Reid (voir galerie) s’inspire du Rêve des 7 Soeurs à Dale Creek, situé à l’est de Warakuna. Les cercles représentent les campements des Femmes Napaltjarri qui sont pourchassées par un Homme Tjakamarra.
KIM WEST NAPURRULA – PEINTRE
LORNA BROWN NAPANANGKA – PEINTRE
Souvent ce sont les motifs des peintures corporelles et ceux servant lors des cérémonies de l’Awelye (une série de rituels associés à la fertilité de la terre) qui vont prendre vie sur la toile.
Kathleen Petyarre a gagné une réputation mondiale grâce à son style délicat. L’ancêtre spirituel de Kathleen, son Rêve principal, est le petit lézard appelé Arnkerrth, Moloch Horridus …
Le fond pointilliste est constitué de points très fins, serrés, agglomérés, et aux couleurs restreintes où les rouges bruns prennent généralement le dessus.
Les motifs des cérémonies
de l’Awelye l’inspirent continuellement, notamment ce que les femmes se peignent sur le haut du corps.
NGOIA NAPALTJARRI – PEINTRE
Sa peinture s’inspire des droits qu’elle a hérités de son père sur des terres situées près de Mont Liebig où elle est aujourd’hui l’une des doyennes.
YINARUPA NANGALA – PEINTRE
Sa peinture décrit le site où elle est née, Mukula, avec tous les détails du relief, de la nourriture qu’on y trouve et de leurs associations avec les Ancêtres du Temps du Rêve. Sur ce site, un important groupe de Femmes réalisa des cérémonies avant de poursuivre sa route.