DU 17 OCTOBRE 2002 AU 14 DÉCEMBRE 2002
Catalogue de l’exposition
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Catalogue de l’exposition Prix de vente du catalogue : 13 |
Présentation de l’exposition
« L’art fantastique établit l’autre versant de la nature, où l’ordre moral des choses est sans cesse pris à partie ».
René de Solier situe son observation à ce croisement tellement ressenti et si peu observable de l’hésitation fantastique. Une autre réalité se mêle à l’ordre moral du regard ordiinaire. Le temps, dans le fantastique, ne se fait plus histoire et l’instant, ce lieu de nulle part, se métamorphose en attente de perplexité.
Le fantastique est une incertitude d’initié, une forme inattendue de domination du temps sur le spectateur ou pour reprendre la définition de René de Solier : » L’art fantastique n’est qu’une longue histoire de la fascination mais détournée « .
Victor Hugo introduit le fantastique dans son œuvre » en voyant dans l’obscurité « . Tel est le pouvoir étrange de son œil et de son esprit.
Un récit visionnaire en grande partie indéchiffrable relève de la transe fantastique. Hugo se livre à l’étrange pour le sonder et se met à l’écoute de Dieu qui est le Verbe du Commencement. La nature en ses violences, les paysages en leur histoire, rapprochent le poète visionnaire d’une autre réalité que l’ignorant veut fuir ou insulter. Victor Hugo dans les Contemplations, au bord de l’infini, » l’œil fixe et l’esprit frémissant « , découvre, dans le déchaînement des éléments, le monde originel de l’excès de l’invisible fantastique à la vitre de l’éternité.
Nous épions des bruits dans ces vides funèbres ; Nous écoutons le souffle, errant dans les ténèbres, Dont frissonne l’obscurité et, par moments, perdus dans les nuits insondables, Nous voyons s’éclairer de lueurs formidables la vitre de l’éternité.
Robert-Louis LlRIS
VICTOR HUGO
René de Solier, dans son remarquable ouvrage « L’Art fantastique « , écrit:
… Autre illustrateur, Victor Hugo introduit le fantastique dans son œuvre, » Notre-Dame de Paris » ou » Légende des siécles « . » L’Araignée » a tendu sa toile dans la cellule de Claude Frollo (on se souvient de sa passion pour l’alchimie) Elle happe une mouche, et est appelé, par Victor Hugo, » un symbole de tout « . D’autres images invoquent une architecture géante, l’enceinte bordée de tours. Les Caprices d’un Piranèse en pleine air (on n’a pas oublié ses grande arcades) vont ressurgir dans un manuscrit de la » Légende des siècles « , pour Paul Meurice: Tour de Babel, Pyramides, Sphinx, Burg. De l’éden à la larve, l’œuvre n’est pas littéraire. A ce que l’artiste voit » dans l’obscurité » s’ajoute quelque découverte (Lettre à Baudelaire, du 29 avril 1860) : l’emploi des matériaux, » toutes sortes de mixtures bizarres qui arrivent à rendre à peu près ce que i’ ai dans l’ œil et dans l’esprit »….
Citation du livre « L’Art fantastique» Editeur J.J Pauvert – Paris
Liste des artistes participants (cliquez sur les portraits pour en savoir +)
Vincent Batbedat est un sculpteur aux voies (voix) multiples. Le tube en acier inoxydable, de section carrée, scié et plié à angle droit est, pour lui, un des moyens d’écrire la géométrie de l’espace…
Peintre, Yves Doaré a toujours épié la tension qui fait converser la matière, la lumière et la couleur.
Alfredo Echazarreta est un artiste voyageur. Sa propre vie est témoignage de son errance; certaines icônes qu’il emploie de manière récurrente en sont l’évidence: le char, la barque, le cheval, l’océan, l’île.
PAUL EYCHART
Ancien élève de l’Ecole des arts décoratifs, de l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts. Professeur honoraire au lycée Blaise-Pascal.
Convoquées à l’aube de la conscience, les formes errent encore en elles-mêmes, ramassant en leur épaisseur et dans leur silence tout ce qu’il se peut de ténèbre intérieure. Ici, se trament des complots. lci, en deçà des mots, se chuchotent des maléfices.
Il s’installe définitivement à Paris en 1963, où ses affinités le rapprochent des surréalistes, réalisant sa première exposition parisienne l’année suivante à la galerie Armand-Zerbib.
JACQUES LE MARÉCHAL – PEINTRE
Ce regard visionnaire dont parle André Breton ne doit cependant pas nous faire oublier que, comme le disait Bachelard, » Les villes de Le Maréchal sont construites sur des tremblements de terre « .
FRANCIS MOCKEL – PEINTRE GRAVEUR
Peintre et graveur, il a d’abord maîtrisé l’aquatinte, forme à laquelle il travaille depuis 1967. En 1976, il s’est fixé au Pouliguen (Loire Atlantique). Là, il a pratiqué toutes les techniques de la gravure et réalisé plusieurs livres gravés, édités à tirage limité.
ALAIN MARGOTTON – PEINTRE
La lumière que je présente n’est pas celle de la réalité quotidienne, La lumière que je cherche est une lumière intérieure plus spirituelle que matérielle.
PHILPPE MOHLITZ – GRAVEUR
Philippe Mohlitz est un artiste paradoxal qui, par les moyens les plus simples atteint l’extrême sophistication, cultive la monumentalité dans le format réduit, détaille avec une calme minutie les pires atrocités, mêle avec délectation cruauté et raffinement.
Tant que mon père était vivant, j’ avais à lui prouver que je pouuvais être musicien ». L’épreuve de la volonté paternelle est quelquefois insupportable. « C’est le décès de mon père qui a décidé que ce serait la peinture.
MICHEL RANDOM – PHOTOGRAPHE
… Quand on évoque avec lui son itinéraire original, Michel Random éclate de rire. » Mon parcours intrigue tout le monde et ne ressemble à rien « , explique-t-il de sa voix grave et envoûtante. » Si j’avais vécu à l’époque de la Renaissance, ma démarche aurait été normale. Mais, au xxe siècle, on estime à tort ou à raison qu’on ne peut avoir des connaissances sur l’art, la science, la littérature, la philosophie … « .
GÉRARD TRIGNAC – GRAVEUR
Ses monolithes hiératiques, vestiges intemporels d’une civilisation perdue, ruines spectaculaires figées dons l’oubli « , ont inspiré Gilbert lascault qui les qualifie de » royaume des immortalités immortelles.
La peinture de Vladimir Velickovic montre le général et le particulier, l’universel et le détail de la libiido mortifère, elle raconte l’odyssée de la pulsion noire en utilisant un dictionnaire iconographique générateur d’un style.