DU 03 JUIN 1999 AU 31 AOÛT 1999
Catalogue de l’exposition
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Catalogue de l’exposition Prix de vente du catalogue : 13€ |
Présentation de l’exposition
Les artistes ici réunis échappent aux écoles, courants, tendances.
DIFFERENCE DANS LA SIMILITUDE INTERFERENCE DE NOS SOLITUDES
Prenez un dictionnaire et vous découvrez que les substantifs « différence » et « similitude » ont resspectivement le même nombre de synonymes. C’est-à-dire qu’ils s’opposent ou se complètent très exactement. A chaque spécificité, particularité, disparité, correspond une ressemblance, concordance, équivalence. L’analogie semble nécessairement renvoyer à une divergence. Mais philosophes, penseurs, moralistes, moins soucieux de parité que les linguistes, se sont beaucoup plus penchés sur l’altérité que sur la conformité. Peut-être en raison du fait que dans conformité il y a confort. C’est-à-dire tout le contraire du risque. Et le risque, c’est être autre, différent. Ce qui par ailleurs soustend forcément le dialogue, l’échange et la confrontation d’où surgiront encore et toujours de nouvelles options, d’où s’ouvriront de nouvelles voies. Comme si la différence impliquait ipso facto la richesse. La multitude, la profusion, l’hétérogéénéité voire même la confusion, seraient créatrices, sources d’harmonies. De glissements sémantiques en distorsions et subvertissements de sens, le chaos devient fécond. D’où la nécessité d’affirmer son unicité, de la cultiver. D’abord pour afficher sa singularité, marquer son territoire, échapper aux conformismes. D’ailleurs les totalitarismes ne sont-ils pas les zélotes de la planification, du nivellement (par le bas), de la pensée unique ? Clonage n’est-il pas synonyme de décervelage ? Les maniaques de l’alignement sur une idéologie, une dogme, une légitimité, ne veulent voir qu’une seule tête et encore à condition qu’elle soit vide. Alors soyons différents, divergeants, déviants, il en sortira toujours quelque chose.
L’écrivain suédois Per Olof Sundman estimait que les différences rendaient impossibles les jugements. Il s’en réjouissait bien sûr. Qui dit jugement, dit condamnation, exclusion, et affirmation de la suprématie de critères (esthétiques en l’espèce) forcément subjectifs. Tout jugement de valeur est irrecevable, iryustifié, inique et stérile.
Et la vraie richesse c’est de pousser la logique jusqu’à être aussi différent de soi-même que des autres, pour reprendre au pied de la lettre une pensée de La Rochefoucauld. Le seul commun dénominateur entre individus reste évidemment la différence puisqu’il est fédérateur, générateur de dialogue. C’est là paradoxalement notre ressemmblance. C’est une chance et un privilège exorbitant. C’est notre unique possibilité d’échanger, de communiquer. Les sociétés asservies, standardisées, mises à la norme, sont muettes. Le langage y est rendu inutile.
Les artistes ici réunis échappent aux écoles, courants, tendances. Ils ne sont pas dans l’air du temps, ils sont hors champ. Sans prétendre à l’exhaustivité, cette exposition témoigne de cette affirmation constante chez nombre de créateurs à se situer en dehors des circuits conventionnels. Non par une volonté délibérée, par militantisme, mais par inclination naturelle. La différence n’est pas un manifeste mais on peut la revendiquer en tant qu’identité. Au contraire des soumissions et allégeances à l’artistiquement correct, la différence ne laisse pas indifférent. Elle provoque, interpelle. C’est l’autre regard sur nous même que nous rennvoient ces plasticiens. Regard oh ! combien nécesssaire puisqu’il nous dit que nos solitudes sont peuplées de la différence des autres et que le conformisme est la pire des indifférences.
Roland DUCLOS Journaliste
Liste des artistes participants (cliquez sur les portraits pour en savoir +)
II n’arrive pas souvent, mais il arrive tout de même, dans le vaste paysage d’images qui nous entoure, de se retrouver devant une œuvre d’art.
JOSIANE BENOIST – PEINTRE PLASTICIEN
MICHEL BRUGEROLLES – PEINTRE GRAVEUR
MARC BRUNIER-MESTAS – GRAVEUR PLASTICIEN
Ni rêveur, ni délirant, ni poète, il apparaît vite que 8runier-Mestas est seulement un fin connaisseur de l’espèce humaine sous ses multiples aspects physiques, sociaux et culturels.
FRANCIS FABRION – PLASTICIEN
Parler de son travail est toujours chose difficile ; comme disait ce cher Guitry, « l’auteur écrit une pièce, moi je la joue, et le spectateur en verra quoi ?
Ce n’est rien qu’une silhouette trouble, autoportrait qui fuit lui-même et se révèle sous un jus de paraffine dans les plis et les replis de la masse écrasante du papier.
Gallou, scribe des lois, gardienne d’antiques savoirs, a inscrit d’imperceptibles runes de métal, dont on décèle la présence dans la fugacité d’un reflet d’argent, la lumière des ors, la morsure de l’éclair, du fer
Guibal est un continuateur, et se veut tel : faire pour refaire, déconstruire pour construire de nouuveau.
« L’Art naît avec le geste, le geste appris et conscient, qui « SAIT » , qui permet au talent d’être.
L’œil et l’outil sondaient la matière. L’esprit scrutait les phénomènes plastiques. Des sempiternelles énigmes de la créativité, tu connais, maintenant, les réponses.
Je suis un simple artiste peintre sans la prétention d’être un historien d’Art ou un théoricien de l’Art.
Dans la peinture, André, le temps se laisse ralentir mais c’est bien lui, ce cruel qui te capture toi et les tiens. Le temps jouit de la quête du peintre.