Jean Revol

DU 2 FÉVRIER 1991 AU 30 MARS 1991

numeriser0025

Catalogue de l’exposition

catalogue_revol Catalogue de l’exposition
Prix de vente du catalogue : épuisé

Présentation de l’exposition

J’entends qu’on ne puisse pas discuter ni mes dessins ni mes peintures, qu’on ne puisse pas les regarder d’un coté ou de l’autre. Je les donne tels qu’ils sont et non tels qu’ils pourraient être. Jean Revol

Nous vivons une époque où l’art perd chaque jour de son poids parce qu’avec la notion de sujet, l’œuvre a perdu cette logique interne qui répondait directement à celle du réel. Désorienté, le public ne sait plus, ne peut plus savoir ni sentir ce que l’œuvre veut dire, même quand effectivement – ce qui devient de plus en plus rare – elle a quelque chose à lui communiquer. Nous sommes parvenus au silence, exactement à l’opposé de ce qui est apparemment recherché: la libération de l’expression.

De la matière à la forme s’articule tout le mystère de la création. Et ce n’est jamais dans l’intention – surtout à posteriori – qu’il faut le chercher, mais dans l’évolution de l’image première à travers la matière et la résistance au réel. L’effort vers l’abstraction et l’intériorisation des formes était sans doute nécessaire en un temps où l’art de l’image, dédoublé par la photo et submergé par l’invasion mécanique d’images médiocres, hésitait sur ses données profondes.

Un créateur ne possède jamais son style qui vit de renouvellement et d’un dépassement continuel de la technique. «L’accident», c’est ce caractère du mystère, voire du miracle, que l’œuvre conserve toujours.

Il naît de lui-même, des mille rencontres et des mille obstacles surmontés. Pour lucide et exigeante qu’elle soit, il n’est de création qu’aveugle. L’œuvre, c’est la lumière retrouvée et cette figure, monstrueuse pour nous, parce qu’elle est nous. Cette réalité ennemie qui nous dévore, nous aliène, parce qu’elle nous constitue.

«L’artiste», cette étonnante machine œuvrant avec désintéressement dans une société fondée sur l’intérêt, est virtuellement exclu d’un régime qui refuse de sanctionner son effort «contre nature», par lequel il peut faire «éruption» dans la conscience collective. Et cette solitude, inséparable de l’initiative, ne place pas le créateur non seulement dans un état d’impuissance, mais de culpabilité. C’est ainsi qu’une équivoque redoutable s’introduit dans tous ses rapports avec la société, les rendent suspects dans leurs buts comme dans leur aboutissement.

Jean REVOL

Quelques oeuvres (cliquez sur les vignettes pour les agrandir)

Jean Revol