DU 14 DÉCEMBRE 2000 AU 13 FÉVRIER 2001
Catalogue de l’exposition
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Catalogue de l’exposition Prix de vente du catalogue : 13€ |
Présentation de l’exposition
L’œuvre au noir et le monde fluide des matités.
L’improbable figure de l’instant.
La photographie, (« il faut bien qu’il nous reste quelque chose », disait Degas) est un art de capture, à la fraction de seconde d’une attitude ou d’un mouvement le plus souvent d’un reflet. Il n’y a là rien qui vaille autant que le tableau qui à la façon d’un calcaire empile de la vie fossile et la rend transparente à la manière translucide du gypse. L’exploration des territoires imaginaires est susceptible de faire surgir à nouveau une forme, un fantôme, un écho imagé d’une expérience de vie s’étant déroulé dans un passé déjà tramé dans le futur, cette pauvre dénomination savante de l’espérance humaine. On ne peut dans un univers sans commencement ni fin, prétendre à une combinatoire neuve de formes et de figurations artistiques. Les objets nous trahissent venus du temps et de l’ailleurs : ils apparaissent masqués pour une séduction qui les dérobe à tout regard instantané. Il faut les deviner dans le temps et les voir hors le temps pour les reconnaître de temps en temps.
Objets d’histoire, les héros sont éternels.
Les Objets d’histoire, présents dans l’éternité du Cosmos comme les briques élémentaires de la vie sont, à l’image des constituants de la matière traces et traversées d’une autre histoire.
Les choses viennent de loin, par métaphore religieuse, d’une Lointaine de la Nuit. Le récit de ce système solaire se construit sans intérêt majeur. Du Soleil à Pluton, les moléécules prébiotiques ne semblent pas plus abonder que les Objets d’histoire. Ce qui contient l’homme ne se mesure pas mais la vie est encore hors de portée du télescope.
Il est alors d’autres formes d’histoires comme il est d’autres formes de vie. Par un instinct visionnaire très sûr, peintres plasticiens; physiciens, chimistes, biologistes des extrêmes, cherchent chacun à leur façon, les traces d’un autre singe, naufragé d’un monde ni disparu, ni perdu; simmplement introuvable ou égaré dans la proche banlieue de la terre.
L’œuvre au noir et le monde fluide des matités.
L’inaccessible ailleurs contient-il les mondes éphémères d’une histoire d’apparence semblable à la nôtre ? Qui sinon le poète, le peintre ou «l’architecte qui creuse l’avenir» peut distinguer les figures passées de celles qui vont être ? C’est le propre de la peinture et de ses transparences que de révéler une trace d’histoire là où l’esthète scolaire ne voit qu’un jeu de formes et un agencement heureux de la couleur. La peinture, toujours visionnaire, est-elle un moyen infernal d’obtenir quelque chose du temps, un échantillon mal reconnu d’un territoire inexploré ?
L’œuvre au noir de Jean Prachinetti est bien cet hymne à la singularité du nocturne arpenté par les Maîtres, une mélancolie lucide de docteur en crépuscule, une attente de sage pour les lueurs douteuses de la vie dans l’au-delà, et par delà les lumières d’ici bas qui font si mal retour à l’envers du tableau, une danse de phosphènes, un ultime message des lucioles d’un sombre été de la vie à rebours. Entre la nuit et le néant, au surplomb du cauchemar du peintre, le noir, issu d’un autre noir, remplit en vain son ultime devoir de sentinelle aveugle. L’histoire, alors, vanne les siècles …
… les mots écrits se meurent mieux … comme une cendre au vent … enfin!
Bellerive-sur-Allier Robert L. Liris
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Contact :
Site internet : jean.prachinetti.voila.net