DU 5 FÉVRIER 2004 AU 13 MARS 2004
Catalogue de l’exposition
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Catalogue de l’exposition Prix de vente du catalogue : 13€ |
Présentation de l’exposition
Peindre, c’est conjuguer l’alliance subtile du désir auquel s’oppose celui de la matière picturale qui refuse de se laisser guider. C’est un jeu entre ce que rêve la main et ce que la nature lui impose . Ce que le hasard provoqué suggère, ce que la rigueur gestuelle permet de faire surgir.
LES CHEMINEMENTS DE LA CRÉATION
Dans la création il faut savoir rejeter de son univers tout corps étranger à l’émotion : la technique qui en tient lieu, la réalité garde-fou du rêve, la figuration du « beau moralisant », chasse gardée des règles coulées dans le béton qu’il faut reieter quand elles sont formulées comme définitives, monolithiques. Elles ne sont que des relais que se passe l’artiste à chaque étape de son évolution et qu’il délaisse pour franchir les obstacles qui font barrage à son expressivité. Reformulées au travers du prisme de la sensibilité, elles perdent leurs « superficialités objectives » pour devenir chair et sang. Elles apportent dans leurs transgressions un souffle nouveau, ne s’édictant pas mais se ressentant par la pratique. C’est la sensibilité propre à chacun d’entre nous qui pétrie les règles non l’inverse : les règles sont « armées » par l’intuition, soutenue par le travail sur l’émotion. L’artiste « amoral » à la technique laissera surgir le bouillonnement intérieur de ses propres contradictions. Utilisant les matériaux qui se « refusent à la figuration », il s’échappera vers l’abstraction. Ces outils prennent alors les formes les plus diverses: celle d’un pinceau élimé, déplumé, dont la subiectivité agresse la pureté du « pinceau à nettoyer après chaque utilisation », celle du bâton graphite rectangulaire aux « lignes impures » que dénigre le crayon précautionneusement taillé, celle de l’acrylique ou de l’huile, additionné de pouzzolane pilée, de sable, etc., aux grains volontairement irréguliers qui dévieront le geste d’un travail à la spatule en gardant vierges les parties non en contact avec la toile et pourquoi pas celle de végétaux, utilisés comme pinceau, qui impriment sur la feuille, après avoir été préalablement trempés d’encre, le graphisme ludique et hasardeux de leur tracé.
C’est l’utilisation délibérée de ces matériaux qui provoque l’accident. La créativité en sera d’autant plus grande qu’elle naît du hasard obligeant l’artiste à chercher au fond de lui-même une maîtrise remise en cause.
L’objet en inadéquation avec son utilisation, permet à l’imaginaire du peintre de développer l’expression d’une sensibilité cachée. C’est dans les différences que se rejoignent peintres et amateurs, celles qui questionnent le regard. Les similitudes engendrent l’uniformité. L’abstraction, c’est la page blanche de l’écrivain où surgit une écriture automatique sous-tendue par un travail constant. Le matériau est un moyen qui mène à la création, non la création elle-même. Il a le même impératif que la couleur, vivre en collectivité, fait parti d’un ensemble et, de ce fait, doit bannir l’anecdote.
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Site internet : www.atelier-arnaud.com/