Alain Gabriot

DU 12 OCTOBRE 2012 AU 24 NOVEMBRE 2012

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Catalogue de l’exposition

catalogue_gabriot Catalogue en ligne de l’exposition
Prix de vente du catalogue : 13€

Présentation de l’exposition

« L’art commence où la logique meurt. Les villes de Gabriot à l’horizon, sont une rencontre entre la réalité et l’imaginaire. Souvent enveloppée dans une dominante bleue, rouge ou ocre, la réalité des lignes s’élève à l’abstraction dans de modernes mosaïques de couleurs. » Jacques Chambard

Un rythme construit

Il y a longtemps qu’Alain Gabriot a inventé son langage et qu’il s’y tient. On reconnaît un Gabriot au premier coup d’oeil et le lui reprocher serait aussi malvenu que de reprocher, dans d’autres champs artistiques, à un Steve Reich, une Pina Bausch ou un René Char leur manière obstinément fidèle à leurs arguments premiers. On attend d’un créateur qu’il offre, dans l’ordre des représentations du réel, un pas comme. La manière Gabriot tient et retient parce qu’elle met sous les yeux un effet visuel insolite et imprévu dont les variations constituent un univers sensible autonome. Qu’elle soit ou non séduisante n’est finalement pas le problème, la valeur en art tient moins au plaisir qu’on y prend qu’à la singularité qu’il oppose à nos habitudes. Je veux dire qu’on pourrait se tromper, avec notre peintre, en s’en tenant au contentement que suscite le vif éclat chantant de ses compositions.
Il faut aller au-delà et savoir reconnaître dans ce que propose Gabriot une particulière figuration de la réalité contemporaine, qui conséquemment en affine en nous la perception. De quoi s’agit-il ? C’est d’abord une histoire de dynamisme : jaillissement, décomposition et fusion simultanées, tributaires de lignes de forces contraires qui s’équilibrent. Si la ville sert ici de topos constant, ce n’est pas pour en reproduire le pittoresque ou l’anecdote, mais parce qu’elle est le lieu où se perçoivent les mouvements et tensions contradictoires qui structurent l’état du monde contemporain. Une ville, c’est au même instant une stabilité concrète, fixité et rigidité des formes, une géométrie arrêtée et une vertigineuse profusion de mouvements, horizontaux, verticaux et obliques.

Un alignement et un élan. La ville moderne est en outre l’expérience de la coexistence des contraires :
la nuit et le jour, le chaud et le froid, le vide et le plein, la profondeur et la surface, la perspective et l’occlusion. C’est tout ce perçu, abstrait du réel, que rend le travail pictural de Gabriot.
Il permet d’appréhender, en quintessence, les composants fonciers du monde contemporain : des rythmes. Pulsations des couleurs, scansions des lignes, les vues fixes de Gabriot portent étrangement et paradoxalement en leur statisme toutes les intensités du mouvement. Il y a plus : la multiplicité des lignes, la juxtaposition des dégradés et de violents contrastes, la contestation du droit vertical (effervescent) par l’évidence du cercle majeur (le soleil calme), le déplacement des axes, la reconsidération du haut et du bas, tout cela saisi par le regard une fois dépassées la sensation première d’harmonie, de symphonie colorée (indubitable, il y a ici une jubilation de peindre), tout cela enfin désoriente, déstabilise. Tant mieux. Rien n’est simple dans notre sentiment des choses.
Voilà ce que je dirais encore : contrairement à ce que pourrait donner à croire un regard hâtif, trop vite comblé par le talent de coloriste joyeux de Gabriot, avec lui ce n’est pas si simple … L’équilibre tenté sur la toile n’est jamais exonéré de sa fragilité. Ce que peint Gabriot c’est aussi la précarité d’un monde qui cherche son appui. Une structure où contenir le vertige. Un rythme enfin construit.

Jean-Pierre Siméon – 7 juillet 2012

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Contact :
190, rue sous le bois – 63112 BLANZAT
Email :alain.gabriot@sfr.fr

Quelques oeuvres (cliquez sur les vignettes pour les agrandir)

Alain Gabriot