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Présentation
Velly a rendu le mystère de l’infini plus mystérieux grâce à la précision délicate avec laquelle il a représenté le mystère parallèle et contemporain du « fini ». Que l’on considère combien il affectionne certaines floraisons en forme de campanules diaphanes, ou de gouttes brillantes de rosée, ou encore en forme de minuscules lanternes en papier glacé. L’apparence de ces fleurs, de ces plantes, de ces herbes de Velly nous parle d’une fragilité extrême; et toutefois nous sentons que l’élan vital qui a produit ces miracles végétaux est malgré tout encore présent, et dès que les fleurs, les plantes et les herbes seront flétries et mortes, d’autres seront produites, comme pour défier l’éternelle énigme, fatale et mélancolique, des espaces infinis, célestes et marins. Donc en suivant la métaphore, le rapport entre fini et infini est éternel; l’un ne peut exister sans l’autre.
Le chemin de Velly, de Dürer et Bosch à lui-même est aussi le chemin qui de l’invention des monstres et .des catastrophes l’a conduit à la contemplation des fleurs et des plantes utilisées justement comme métaphores de ces monstres et de ces catastrophes. La même main, qui autrefois· avait mis au premier plan les horreurs du présent, arrête maintenant avec la même intention, l’humble vie végétale dans son devenir.
ALBERTO MORAVIA