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Présentation
La longue marche solitaire de Moreno Pincas
Défier la mode, aller à rebours des idées reçues et des esthétiques imposées n’est pas une tâche facile. Voilà qui exige du courage, de l’audace même, une confiance en soi et dans les valeurs que l’on défend, et surtout une force de caractère et une persévérance à toute épreuve. Autant de qualités que Moreno Pincas a développées au fil d’une longue carrière et qui ont fini par porter leurs fruits.
A une époque qui n’avait d’yeux que pour le dépouillement, l’épuration, la réduction en un mot le minimal, Pincas a opté pour le maximal: l’observation de la diversité, la quête de l’insolite, la préservation de la mémoire, la coagulation des souvenirs, la juxtaposition, l’accumulation, la surabondance.
Pareil à un naturaliste ou à un anthropologue, Pincas cherche à conserver le souvenir de l’infinie variété du vivant. il observe, dessine sur le vif, stocke dans ses tiroirs et sa mémoire des objets étranges, des animaux burlesques, des personnages extravagants qui serviront de motifs à ses tableaux. Ce travail de composition est aussi un travail de recomposition, une sorte de recherche du temps perdu, où le souvenir est agrégé, compressé ou dilaté, où le réel est remodelé, distordu, malaxé à l’imaginaire. Peinture irréelle, théâtre d’artifices qui recèle pourtant une formidable puissance d’évocation.
Ici une plage où de jeunes enfants accoutrés à l’ancienne ressemblent à des poupées usées et où une femme décatie exhibe ses charmes d’antan, sur fond de paravent cramoisi. Là, un immense siège conique de coiffeur, à l’effrayante mécanique, autour duquel s’affaire un barbier levantin au sourire carnassier.
D’une part, la précision du dessin, la véracité du détail, d’autre part, l’introduction d’éléments incongrus ou fantastiques, la falsification de la perspective, les artifices de la composition. Cet étrange mélange suscite une sorte de malaise chez le spectateur, plongé dans un monde confiné, équivoque, à la fois anachronique et contemporain.
Ambigui!é aussi entre le regard sarcastique jeté sur le monde où se pavanent la vanité, l’orgueil, la fatuité et la sympathie bienveillante, la tendresse nostalgique du peintre pour ses modèles, qu’il s’agisse d’objets vétustes, de personnages démodés ou d’animaux captifs.
Si le regard que porte l’artiste sur le monde n’a pas changé, sa manière est en train d’évoluer. Certes, son univers reste étouffant, surpeuplé, surchargé mais Pincas ouvre désormais l’espace, ménage des horizons, esquisse des perspectives. Ses scènes ne sont plus simplement d’intérieur, ses décors ne sont plus purement théâtraux. Il y a comme un appel d’air une brise venue du large qui vient ventiler, aérer ses compositions. La plage, thème récurrent dans son œuvre, n’est plus seulement une avant-scène mais devient un bord de mer. D’autre part il allège le décor. Les curiosités, les objets de brocante perdent de leur importance au profit des personnages savamment étagés dans l’espace, des effets de foule. Il multiplie les jeux de scène, diversifie les postures, les expressions.
5a palette elle aussi s’assagit: moins de dissonances, de couleurs acidulées, bien qu’elle s’enrichisse. Le peintre introduit des teintes rares et recherchées: mauves, roses, pourpre, vert véronèse, qui sont autant de clins d’œil aux grands maÎtres anciens. Couleurs qui confèrent à ses tableaux un aspect précieux et renforcent le caractère insolite et intemporel de ses compositions.
L’expressionnisme autrefois si virulent, si provocateur, de Moreno Pincas est en train de prendre une tonalité classique.
Yves Kobry
Quelques oeuvres (cliquez sur les vignettes pour les agrandir)
LES EXPOSITIONS DE Moréno Pincas
1960 : Dugith Gallery, Tel-Aviv 1962 : galerie Saint-Placide, Paris
1965,1966, 1969, 1989, 1991 : galerie Katia-Granoff, Paris
1967 : Hebra·lca Gallery, Buenos Aires - Las Heros, Buenos Aires
1969, 1971, 1976, 1979, 1981 : Bineth Gallery, Tel-Aviv
1970 : Galleria Angolare, Milano - Galleria A Dieci, Padova - Galeria Il Centro, Pavia
1971 : Romi GoIdmuntz Centrum, Antwerpen - Museum of Modern Art, Haïfa
1973 : galerie La Roue, Paris - galerie Philippe-Demay, Paris
1974 : Bent Andersen, Trudstolpegard - Bent Rey Studios, Copenhague 1980, 1982, 1984, 1985, 1986: galerie Colette-Dubois, Paris 1983 : galerie Lommel, Bad Münstereifel, Allemagne - FIAC, Bineth Gallery, Grand Palais, Paris 1985 : galerie Claude-Hemery, Paris
1986 : Mac 2000 Art 86, Grand Palais, Paris
1987, 1998 : galerie Nicole-Buck, Strasbourg
1988 : galerie des Carmes, Rouen - Maison de la Culture, Metz
1990, 1992, 1996 : galerie Madeleine-Fraquet, Orléans
1992 : Genève Europ Art - galerie Maguy-Marraine, Lyon - Galerie Pierre, Taïchung, Taïwan
1993 : Salon de Mars, Paris - galerie Madeleine-Fraquet, Orléans hospice Saint-Charles - Centre régional de Développement culturel, Mantes galerie Art et Patrimoine, Paris
1994 : Galleri 27, Oslo
1996 : Taïwan Museum of Art, Tadung 1996, 1999 : galerie Larock-Granoff, Paris 1997 : galerie Mostini, Paris
1998 : centre d'Art et de Culture Broca, Paris - Yod Labanim Museum, Peta h-Tikva, Israël
2000 : galerie Dukan, centre Fleg, Marseille
2001 : galerie Ariel-Sibony, Paris - galerie Donald-Weiss, New York 2003 : galerie Daniel-Besseiche, Paris - galerie Michèle-Emiliani, Drôme
2004 : galerie Côtérue, Barbizon