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Présentation
La nuit, entre deux rêves, presqu’éveillé, je parcours une montagne dans laquelle se trouve une grotte de très vastes proportions. En pénétrant à l’intérieur, je distingue une sorte de couloir qui bifurque sur la gauche (ce rêve est d’une terrible précision), les stalactites semblent être alors de gigantesques personnages agglomérés entre eux en une sorte de magma compact. Il est impossible de s’en approcher car il rayonne d’eux un magnétisme d’une force terrible qui interdit tout contact. En poursuivant mon avance vers le fond de la grotte, j’aperçois une porte très petite, juste pour le passage d’un enfant de dix ans. Au prix d’un effort incroyable, et au milieu de vibrations d’une violence inouïe, je parviens à l’entrouvrir et je sais que pendant quelques fractions de seconde, j’ai le droit de voir ce que moi seul dois connaître. Je sais aussi qu’une fois la porte refermée, il faudra revenir vers les autres et les persuader que cet endroit existe. A ce moment du rêve je ressens toujours une grande tristesse, car je sais que personne ne m’y accompagnera jamais, et qu’il me faudra faire un terrible effort pour le retrouver. Je ne peux mieux parler de ma peinture qu’en racontant ce rêve, car c’est le processus même de mon travail. Après chaque tableau, j’ai la conscience d’avoir voyagé dans une zone qui n’est connue que de moi, où tout est extraordinairement silencieux et rassurant, et où tout a pour moi la violence d’une révélation inintelligible.
Sensation aussi, après chaque toile, de porte refermée qui, peut-être ne se rouvrira plus … Je suis totalement inconscient des images que je rapporte de cette zone léthargique, et par là même, premier spectateur étonné de mon travail. J’ai essayé parfois de provoquer consciemment des images, mais elles ne sont alors qu’esthétiques et n’ont pas grande signification pour moi.
Il arrive souvent que l’artiste porte en lui des aspirations sourdes et confuses dont il est incapable de concevoir la portée, elles vont alors trouver leur exutoire dans l’art.
Se projetant dans sa peinture, ou y cherchant la fuite, le peintre ne peut échapper à son sort qui est de s’y livrer.
MICHEL HENRICOT