Ernst Fuchs – Peintre

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Présentation

Ernst Fuchs est d’abord connu pour être le chef de l’école de Vienne. Il est né en 1930 dans cette ville à laquelle le relie une étroite relation d’amour-haine.

Parmi les peintres, il a aimé Gustave Moreau, découvert Jérôme Bosch, aimé passionnément Grünewald et admiré Dali, Bernini et Michel-Ange; Blake et Arnold Bëcklin l’ont inspiré. Mais Ernst Fuchs vient de son propre monde, jalousement défendu par de terribles gardiens qui surveillent son destin. Ces gardiens Fuchs les a peints sous les apparences les plus diverses. Il les voit en êtres de lumière, ou taillés dans le porphyre rouge, mais toujours terribles et majestueux. Car les mythes sont intemporels comme les grands thèmes de la vision biblique. Ces thèmes, ceux de la Tentation, de la Femme, de l’image de Dieu et de ses chérubins, sont ornés d’une infinité de personnages monstrueux. « II faut toujours traverser le monstre, dit Fuchs, pour arriver à la vision ». Il faut aussi traverser la forêt habitée par le serpent qui détient la connaissance du bien et du mal : « Les serpents sont des êtres vivants par excellence. Tout en eux est sensation et vibration. Tout leur être peut fonctionner comme un œil ou une oreille. La réalité est à leur image, nous avons une multitude d’yeux en nous, mais, faute de les ouvrir, tout nous reste opaque. Chaque chose, chaque signe, cache un mythe ».

C’est cette vision de l’unité que la coutume veut qualifier de mystique qui a créé une certaine distance entre Fuchs et André Breton. Vers 1949, quand Fuchs expose pour la première fois à Paris, Breton vient en effet à l’exposition et se déclare séduit par sa peinture, « bien que ce ne soit pas vraiment surréaliste ». Et pourtant, le surréalisme de Fuchs éclate au sens le plus naturel du terme, une sur-réalité qui est à l’extérieur l’image de l’univers intérieur. Une sorte de langage fait d’images qui sont des symboles à décrypter, comme ceux des rêves.

Ce sont d’ailleurs les conversations que Fuchs eut avec Dali, vers 1950, qui furent peut-être déterminantes pour lui. « Cette rencontre, dit-il, eut pour moi une grande signification, comparable à ce qu’aurait été la rencontre de Jérôme Bosch dans l’au-delà si on m’en avait donné l’occasion ». Dali lui enseigna plus que quiconque l’ouverture de tous ces possibles, qui conduira Fuchs à s’exprimer sous les formes les plus diverses: la réalisation d’un décor de ballet pour l’Opéra (le Golem, en 1970), la sculpture, les masques, la création de meubles, l’architecture, sans compter toutes les formes du dessin, de la gravure, et même le dessin de médailles et de monnaies. Ce faisant, Fuchs renoue avec la grande tradition de la Renaissance où l’humanisme et l’art embrassent tous les domaines de la connaissance. La vie et le merveilleux s’accordent avec l’unité féérique de l’être, la vraie dimension de l’homme.

« Et pourtant, dit Fuchs, nous, les Fantastiques, nous les Visionnaires, nous pouvons peindre tout au plus cinq cents toiles dans notre existence. Comment peut-on espérer avec si peu d’œuvres et une diffusion restreinte, changer et féconder le monde? ».

Oui, comment ? Sinon en découvrant hors du quotidien la part de magie qui existe derrière toute chose. C’èst le regard encore une fois qui crée le réel, lequel, n’est rien d’autre que la forme de nos pensées.

MICHEL RANDOM PP. 180-181, L’ART VISIONNAIRE.

Quelques oeuvres (cliquez sur les vignettes pour les agrandir)

Ernst Fuchs – Peintre