Catherine Reineke-Manry

DU 16 MARS 2007 AU 5 MAI 2007

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Catalogue de l’exposition

catalogue_reineke-manry_0 Catalogue de l’exposition : « Architecture végétale »
Prix de vente du catalogue : 13€

Présentation de l’exposition

Pourquoi voyager, lorsqu’une tache suffit à faire naître la montagne, lorsqu’un trait crée l’horizon, lorsque la couleur bouscule le paysage ?

« Non pas traduire l’exubérance végétale ou s’en faire le spectateur passif et appliqué, mais la prendre de court, la surprendre dans ses proliférants sous-entendus, en prévoir les instables rebondissements, en déceler l’insistance prémonitoire : Catherine Reineke-Manry ne transige pas dans sa quête pictuurale. Elle n’est pas témoin mais actrice, ne relate pas mais provoque. La matière prend corps, s’anime, réagit aux stimulations du peintre.

Peindre ? mais c’est une danse avec la vie, une transe née de l’urgence d’exister, une étreinte de cette matière dont nous sommes aussi pétris, ainsi fait.

Sa peinture est un électro-choc, une violence béante, un saisissement de l’âme. Mais aussi une déflagration sereine, pétrifiée : une illumination, une révélation complice et suave comme une épiphanie éblouie. »

Roland Duclos

« Suivons les ramifications, les enchevêtrements. Suivons les lignes souples et sinueuses des troncs qui entrelacent leurs corps de papier. Sous les lambeaux, sous les griffures se dévoile un cœur brun et bleu: pulsations sourdes, c’est la chair de l’arbre qui se fendille, c’est son écorce qui palpite. Du silence des forêts profondes monte un souffle palpable.

Le plus petit détail envahit l’espace de la toile. Exubérante, arborescente, la nature vorace témoigne de son horreur du vide. Comme une goutte d’encre prisonnière des fibres, elle se diffuse, s’étend; elle fait se mêler les branches, se croiser les racines. Ivre de la sève puisée en son sein, elle seul peut créer cet ordre inextricable où le regard se perd. Au loin, un chemin de lumière, ultime tentative, ultime percée pour rompre le sortiilège, fuir la densité de ces architectures inouïes.

De ces intrications végétales émergent toutes les possibilités de forme. La matière peut s’enfler, s’élargir, devenir forêts denses, océan de verdure ondoyante.

Mais elle se mue également en fines et longues silhouettes, tendues vers le ciel comme des bras immenses. L’arbre n’engloutit plus seulement les nuages, il capture les reflets.

Peintre des métamorphoses, Catherine Reineke-Manry accueille la démesure de ces arbres mutants qui se courbent, s’enflent et se rengorgent, pleins de morgue, pour devenir plumages, oiseaux. Et pourtant, à travers ces infinies variations autour d’un même thème, son œil devine un fil d’Ariane : il y soupçonne une unité secrète, un mystère tapi dans l’ombre des bois. Une seule et même force; un seul et même élan, une unique sève parcourt les murs végétaux et les déploie au gré des croisements.
Derrière l’aléatoire des combinaisons, le peintre révèle la puissance de croissance de l’arbre, sa Dryade: elle laisse parler la nymphe protectrice, elle la fait vivre et mourir avec lui ».

Anne-Sophie REINEKE (janvier 2007)

Quelques oeuvres (cliquez sur les vignettes pour les agrandir)

Catherine Reineke-Manry